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Voici un extrait de mon livre "Gengis Khan, Le loup céleste"

Sans oublier la plus belle chose de sa vie : Börté. Grâce à elle, il aimait et connaissait le bonheur immense d'être aimé. Elle était le sens de sa vie, le symbole de son existence, la flamme qui faisait battre son c½ur. Telle une étoile parmi les cieux, elle illuminait son âme d'un doux rayon céleste. Dès lors, il ne pouvait plus que souhaiter de l'embrasser pour que le rêve d'un amour pur se réalise. C'est ce qu'il ferait bientôt ! Il irait conquérir sa dulcinée avant d'unifier la Mongolie, puis le monde entier !
Ouvrant doucement les yeux, il vit le loup anthracite qui le regardait, assis à ses côtés. Le canidé hurla aux ténèbres une nouvelle fois, puis fixa Témudjin. Ce dernier distingua de la compassion, de l'amour et du respect chez l'être divin.
Le fauve approcha la tête de celle de l'homme allongé. Il le huma avec avidité, son museau explorant le corps endormi. Sa truffe s'arrêta près de la gorge du fils de Yésugei qui n'osait bouger, de peur de perturber les desseins de son Dieu. Le loup ouvrit ses mâchoires, montra ses crocs et referma sa gueule sur le cou du garçon. Témudjin sentit les dents pénétrer dans sa jugulaire ainsi que dans ses chairs. Le flot chaud de son sang jaillit hors de son corps. Immédiatement, la vie émergea de son organisme. Il se vidait littéralement, perdant tout l'élan de vitalité. Le trépas semblait sa destinée. L'héritier de Yésugei courait vers sa perte.
Témudjin prit conscience que la mort venait le chercher. Il tenta de réagir, mais en vain. S'efforçant à chercher une solution, tout en s'évertuant à ne pas sombrer dans la panique, il s'ingénia à faire le mort, espérant que le loup le laisserait tranquille. Cela ne marcha pas. Alors il risqua quelques soubresauts pour se libérer du joug de la bête, mais sans aucun résultat. Le froid l'envahissait, gelant chaque partie de sa dépouille mortelle. Résigné, il laissa le néant s'insinuer dans son être. La faucheuse de la mort emporterait bientôt son âme au royaume des cieux. Les yeux entrouverts, Témudjin contempla la voûte céleste du monde qu'il percevait. L'opacité du firmament constituait un triste spectacle à sa vue. Pourtant, cela devait être sa dernière vision avant de rejoindre ses ancêtres dans l'au-delà.
Croyant mourir, il fut surpris du sursis offert par son Seigneur. En effet, aussi soudainement qu'il fut mordu, le loup relâcha l'emprise qu'il avait sur le jeune Mongol. Ce dernier baignait dans une mare de sang. D'un instant à l'autre, son c½ur cesserait de battre. C'est alors que l'impensable se produisit. Le prédateur gronda puissamment vers le ciel. La tempête s'intensifia une nouvelle fois. Le chaos régnait en maître absolu sur le monde. L'apocalypse détruisait tout sur son passage. Des cieux ténébreux, un tourbillon mauve jaillit vers la terre, à l'endroit exact où se trouvait Témudjin et le symbole de Mongka Tengri. Il lécha les deux êtres vivants, les caressant de sa pureté. Ses nuances, ses teintures, son relief, tout dans cette tornade paraissait irréel. Témudjin n'avait toujours pas de forces. Il se trouvait entre la vie et la mort. Il ne comprenait pas tout à la situation, mais il savait qu'il devait laisser se faire les projets du très haut. Le tumulte gagna en puissance, tout comme le hurlement du loup ! Autour d'eux l'ouragan bouillonnait d'enivrement, de turbulence et d'agitation.
Pendant quelques minutes, le jeune Mongol sombra dans l'inconscience de son esprit torturé par tous ces troubles. Ensuite, il refit surface et distingua le loup anthracite éclairé par des milliers de petites étoiles. Cela dura un bref instant. Il y eut ensuite une explosion qui l'aveugla durant quelques secondes. Le flou de la situation prit alors la forme du fantastique. Devant les yeux gris d'acier de Témudjin, se tenait à présent le Loup Bleu. Majestueux, il subjugua le Mongol par sa prestance. Il lut dans les yeux de la bête le même regard que quelques instants auparavant. C'était le même loup si ce n'est que le coloris de la fourrure avait changé ainsi que la musculature. L'animal qui se tenait à ses cotés était un véritable monstre de puissance. Les pattes, le corps, la tête, tout lui conférait l'harmonie d'une machine à combattre. Aucun être vivant ne pouvait se vanter d'être aussi redoutable que le Loup Bleu.
Le symbole des Dieux plaça son cou au dessus du garçon et à l'aide des griffes de sa patte droite, il se déchira la jugulaire. Du sang frais coula pour tomber dans la bouche de la victime. Témudjin but goulûment, aspirant avec gourmandise le liquide vital. Rapidement, il se sentit renaître ! Son existence reprenait à partir du fluide de son assassin devenu sauveur.
Témudjin se soumettait à la résurrection du Loup Bleu.

# Posté le vendredi 21 décembre 2007 13:37

Modifié le samedi 22 décembre 2007 14:51

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